Le Tarn

Un peu d’histoire…

Voie d’échange et de communication, le Tarn devient l’atout privilégié de l’homme dès le Paléolithique.
Au début de notre ère, les zones riveraines du Tarn prennent leur essor commercial et artisanal. C’est à l’époque gallo-romaine que naît la culture de la vigne.
Du Haut Moyen Âge à la Révolution, le Tarn constitue le principal moyen de communication et d’échanges. La navigation connaît son âge d’or au XVIIIème siècle. Villemur-sur-Tarn devient alors le port le plus actif du Tarn et le plus important centre de construction de bateaux. Les chantiers disposent du bois de construction de forêts environnantes permettant ainsi le développement d’une véritable flotte marchande.
Les activités liées à la batellerie sont sources d’emplois et de revenus pour les communes voisines. Tous les ans, quelques 1500 gabares, bateaux à fond plat, passaient sur la rivière transportant principalement des céréales, du pastel, du vin, du charbon et du bois vers Bordeaux et ramenaient du sel, du poisson séché et des épices.
Quatre chaussées sont construites sur le territoire Val’Aïgo, destinées à élever le niveau de l’eau dans le bief supérieur pour faciliter la navigation et établir une chute d’eau permettant d’actionner les moulins.
Trois remarquables ponts suspendus enjambant la rivière sont visibles à Bessières, Mirepoix-sur-Tarn et Villemur.
A la fin du XIXème siècle, la mise en service du chemin de fer met fin au transport fluvial et à la batellerie.
Le Tarn est déclassé des voies navigables en 1926.

Projet de remise en navigation

Depuis début 2013, la Communauté de Communes Val’Aïgo porte un projet de remise en navigation de la rivière Tarn.
La rivière Tarn est un élément majeur du territoire Val’Aïgo. Elément clef du cadre de vie, du paysage, la rivière permet l’appropriation sociale du territoire par les locaux. En effet, le Tarn est un élément présent dans l’esprit des habitants : lieu de promenade, lieu de détente, mais aussi lieu d’histoire locale (crue de 1930…). Le Tarn a toujours eu un lien avec l’histoire du territoire et généré des activités diversifiées.

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Le Tarn participe à la valeur culturelle et paysagère :

  • Il est la vitrine d’une région et contribue à l’image de marque du territoire,
  • Il est le support d’activités éducatives, récréatives : il constitue un pôle d’attraction important particulièrement recherché par les citadins. Le patrimoine biologique de la rivière constitue un formidable support pédagogique pour une sensibilisation et une information du public par rapport à la nature.

Permettre la navigation permettrait aux touristes et aux habitants de découvrir d’une manière originale la rivière Tarn ainsi que les berges.
Le tourisme fluvial est une activité économique, qui utiliserait la rivière comme pôle d’attraction, support de découverte et d’activités.

Les objectifs du projet sont :

  • Valoriser durablement le patrimoine lié à la rivière Tarn,
  • Améliorer le cadre de vie du territoire en conservant les éléments du patrimoine local,
  • Renforcer les liens entre la rivière Tarn et les habitants grâce à une meilleure connaissance de son patrimoine,
  • Développer l’activité économique du territoire en valorisant les ressources locales, le tourisme de proximité.

La rivière Tarn, véritable colonne vertébrale et axe vert du territoire, projet structurant à l’échelle de la Communauté de Communes Val’Aïgo, pourrait ainsi devenir le moteur du développement touristique local.

Cependant, un projet industriel pourrait bien compromettre cette remise en navigation.
En effet, la société Rouleau-Guichard qui détient une centrale hydroélectrique implantée sur la chaussée de Bessières souhaite l’arasement de la chaussée de l’Escalère.
Ce projet vise l’augmentation de la production d’énergie électrique hydraulique grâce à l’arasement de la chaussée de l’Escalère en aval de Bessières qui permettra un gain en terme de hauteur de chute pour les débits moyens.
Sans cette chaussée, le niveau de la rivière serait beaucoup trop bas pour naviguer en période d’étiage.

La Communauté de Communes, différentes associations, institutions, syndicats et entreprises luttent donc contre l’effacement de la chaussée de l’Escalère en mobilisant un maximum d’interlocuteurs, jusqu’aux Ministères du Tourisme, de l’Economie, de l’Agriculture, etc.
Un premier Comité de Pilotage (COPIL) s’est réuni fin septembre et des groupes de travail se sont constitués afin d’évaluer les retombées économiques, touristiques, patrimoniales, etc du projet.
Un deuxième COPIL s’est réuni fin novembre essentiellement autour de l’enquête publique sur la demande d’effacement de l’Escalère.
Une étude technique de faisabilité a été réalisée par un bureau d’étude spécialisé afin de compléter le dossier.

Le projet a été présenté en Préfecture fin janvier 2014.
Un troisième COPIL s’est déroulé fin février afin de présenter l’étude technique aux membres.

En mai 2014, la société Rouleau-Guichard a retiré son dossier d’effacement total de la chaussée auprès de la Préfecture et est actuellement en discussion avec la Communauté de Communes Val’Aïgo sur une solution d’arasement partiel de la chaussée.
Cet arasement partiel permettrait à la fois la réussite du projet industriel et la navigation, tout en respectant les usages autour de la rivière.